28 oct. 2016

Chronique de l'album "Can't Touch Us Now" version CD simple par JP Boutellier





Une chronique suivra dans quelques jours concernant la version Deluxe comprenant pleins de bonnes choses dans la boîte dont 2 CD. La version "normale" de l'album plus un CD bonus comprenant un remix de "Mr Apples", des versions démos et instrumentales de l'album plus une démo de Last Rag and Bone Man. Lors de cette chronique, nous reviendrons plus en profondeur sur tous les morceaux ainsi que leurs compositeurs etc...


 
Madness "Can't Touch Us Now" (Universal) Version CD simple

 C’est le premier album de Madness de l’histoire sans la participation de Car Smyth aka Chas Smash qui a décidé de prendre du recul et de se consacrer à sa carrière solo. Son premier album « A Confortable Man » a été édité en mai 2015. Le disque a été classé N°1 au hits indépendants et dans le Top 75 des ventes d’album en Grande Bretagne.




 Le nouvel album de Madness est une véritable pépite comparé au très tiède « Oui Oui Si Si Ja Ja da Da » édité en 2012 (disque d’or en Grande Bretagne).
 Ne vous attendez pas à des titres Ska du Type « One Step Beyond » !! La plupart des journalistes musicaux français sont restés bloqués sur le premier album des Nutty Boys paru en 1979, et pourtant le groupe a bien changé (ou plutôt évolué et mûri depuis).


 Madness a toujours revendiqué ses racines puisées dans la musique jamaïcaine mais aussi et on l’oublie trop souvent dans la pop anglaise des Kinks ou des Beatles, le pub Rock à la Ian Dury ou encore la Soul de la Tamla.

« Can’t Touch Us Now » est un album ambitieux, pas moins de 16 titres pour un heure de musique.

 Lors des premières écoutes on semble dérouté par les styles différents qui s’enchaînent et on a l’impression qu’il manque un fil conducteur à tout ça. Sentiment de sauter un peu du « coq à l’âne » et on ne comprend pas bien le choix de l’ordre des titres sur l’album ! Déroutant donc pour les premières impressions… mais envoûtant ensuite quand les frissons de bonheur commencent à traverser les oreilles… C’est peut être ça la pâte d’un grand disque, rentrer tout doucement dans son univers pour mieux l’apprécier dans la longueur… Parfois, quand on aime de suite un titre d’un artiste, on s’en lasse très vite. Ce disque est tout le contraire, il faut savoir patiemment l’apprivoiser pour y découvrir toute sa richesse !

 « Can’t Touch Us Now » est très « Nutty Rock » cuivré et rythmé à souhait, « Good Times » est un opus soul tout droit sorti du juke box de Huggy Les Bons Tuyaux de Starsky et Hutch, l’énergique « Mr Apples » nous rappelle le Madness des années 80 entre « The Sun and The Rain » et « Waiting For The Ghost Train ». 



 « Don’t Leave The Past Behind » sent bon la soul Tamla avec un travail magnifique sur les cuivres tandis que Chris Foreman, guitariste du groupe venant de fêter ses 60 printemps nous émerveille avec sa partie de guitare sur « You Are My Everything ». Ce titre, « You’re My Everything » me fait penser aux titres lents (4 am) du premier album solo de Suggs avec une bonne dose de la période The Madness. « Catch  Your Crying » lui aussi a des tendances The Madness… L’influence Beatles / Kinks de la seconde moitié des sixties se fait sentir sur « Herbert ».

L’apport de chœurs (Ade Otomayo, choriste d’Amy Winehouse, et Spider Johnson - Potato 5, Crunch) sur la plupart des chansons apporte véritablement un relief supplémentaire et une nouvelle couleur au style de Madness.

Ade Otomayo

Spider J


  
Côté textes, Madness est aussi toujours au top ! L’incompréhensible langage des politiques sur « Mambo Jumbo », (chanté par Lee Thompson style Benny Bullforg vs Crunch), l’homme dépravé la nuit qui ne cesse de prier le jour pour se repentir (« Mr Apples »), le père qui refuse catégoriquement les amours de sa fille (« Herbert »). 

Madness y va aussi avec son lot d’hommages : l’histoire du premier single du groupe « The Prince » (« I Believe ») qui devient un vibrant hommage à Prince Buster, le roi du Ska décédé peu après l’enregistrement de l’album. Tribute to Amy Winehouse sur « Blackbird » (narrant la brève rencontre de Suggs et Amy un soir de pluie à Soho) et révérence à Pamela Jennings, célèbre mendiante londonienne décédée à l’âge de 48 ans sur le très touchant « Pam The Hawk ».

Pamela Jennings

Seuls les trois derniers titres de cet album me plaisent moins.  Je n'aime pas trop la manière de chanter sur "Given The Opportunity", "Soul Denying" malgré quelques phrases en français d'une jeune femme, me laisse froid et enfin, "Whistke In The Dark", n'est pas un mauvais morceau, mais il aurait fait meilleure figure sur "The Liberty Of Norton Folgate".

Charlie Andrew

Clive Langer

Liam Watson
(photos publiées sur le Tweeter de Woody Woodgate pendant les sessions de "Can't Touch Us Now"



L’album a été enregistré « à l’ancienne » au studio analogique Toe Rag, produit par Liam Watson (The White Stripes, Tame Impala), Clive Langer (David Bowie, The Clang Group, Elvis Costello, Dexys), Charlie Andrew, Brit Award du meilleur producteur britannique.

Madness est un des plus grands vendeurs anglais de l'histoire (plus de 6 millions de vente U.K. rien que pour les singles) avec des hits intemporels tels que One Step Beyond, Our House ou encore It Must Be Love. 40 ans après ses premières répétitions dans le nord de Londres, il est heureux de constater que le groupe a toujours l’inspiration pour écrire de merveilleuses chansons… Ne passez pas à côté !!

Mon Top 10

1) Don't Leave The Past Behind You
2) You Are My Everything
3) Catch You Crying
4) Can't Touch Us Now 
5) Mr Apples
6) Herbert
7) Pam The Hawk
8) Good Times
9) I Believe
10) Mumbo Jumbo





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire