29 oct. 2016

ANOTHER VERSION OF MADNESS-JUDGE FREDD



 Hip hip hip Hourrah !

            Madness a le plaisir d’accueillir, en son gang, un 11ème élément : « Can’t Touch Us Now ». La cérémonie a eu lieu aux studios Toe Rag, Hackney, Londres en ce 28ème jour d’octobre (6 Brumaire 225) de l’an 2016.
            « Can’t Touch Us Now », c’est vraiment un titre, une phrase pour un gang londonien, non ?


           
            Quelle coïncidence, si on regarde l’abréviation de ce nom : « CTUN » d’y retrouver le mot « NUT » habituel pour ce groupe ; mais aussi l’anagramme parfaite de « CUNT » , mais ce mot, je le réserve pour ceux et celles qui sous-estiment et dénigrent Madness depuis 37 ans…. Bref….
            CTUN est sorti en version standard (pas si standard, 16 titres dans cet album !!) et en édition collector luxueuse. Très bel objet agrémenté, en particulier, d’un CD de maquettes de l’album, qui nous emmène au cœur de l’écriture de ces titres, loin des clichés qui pèsent encore sur Madness, notamment en France. Re-bref.
            CTUN compte de nombreuses chansons « thompsoniennes »,  contrairement à l’album précédent et, à l’opposé, il n’y a aucune compo de Cathal Smyth, parti en solo. En ça, cet opus est différent des autres (another version…)


 Quelques impressions :
            D’abord, la pochette : design très soigné, sorte de collage, de melting-pot  extraordinaire de Paul Agar, qui met en scène des lieux, des personnages de Londres. Magnifique ! Combien de temps encore je vais passer à la regarder, cherchant les multiples références… 


            A la première écoute,  j’ai trouvé cet album très riche, sophistiqué et beaucoup de sonorités m’ont fait penser aux beaux titres des Keep Moving et Mad Not Mad.  Flagrant sur le superbe « Don’t Let them Catch You Crying »
            Dans cet album, on  retrouve comme souvent, une galerie de personnages fortement inspirés de la réalité : « Mr Apples », une sorte de Docteur Jekyll et Mr Hyde, qui prône la morale stricte chrétienne le jour mais se livre à la débauche la nuit. Suggs and co  livrent aussi des textes sur des personnages réels : Amy Winehouse dans le très soul et émouvant hommage « Blackbird » mais aussi « Paw The Hawk », SDF qui claquait l’argent qu’elle recevait en machines à sous. Personne très connue à Londres. Comme l’était d‘ailleurs le métier de « Rag And Bone Man » dont la démo figure dans le CD 2 (de maquettes).
            Cet album est vraiment fourni, très riche en arrangements, en instruments, il est très travaillé ; J’aime cette démarche car, selon les écoutes, on y découvre par ci, une ligne de guitare, par là, une seconde voix, un instrument inhabituel ou une ligne de piano. Par exemple, écoutez bien les couplets de « Mumbo Jumbo » , en arrière la ligne de piano….
La richesse de cet album, vous pouvez aussi la visualiser sur le livret : contrebasse, banjo, glockenspiel, violons, trombone, mellotron, fender rhodes, tuba, roland Juno 60, harpe, clavecin… c’est dingue (nutty ?)
            Cette recherche, elle me renvoie direct aux époques 82-86 où le groupe travaillait beaucoup les arrangements et les voix. Pas mal d’expérimentation ici. Pour preuve ce collage, « Soul Denying » : je ne sais pas combien il y a de thèmes dans ce morceau. Sur « Given the Opportunity », on part d’un morceau simple et on finit avec des arrangements complexes avec des mélodies pas si évidentes. Bravo ! Et, profitons-en : le travail sur les secondes voix, les choeurs est remarquable, très soigné. Spider J et Ado Omotayo, invités sur beaucoup de titres enrichissent les morceaux. Ecoutez bien « Whistle in the Dark » (même pas peur !). Ca pourrait être une simple partie de music hall, de valse à la Madness. Mais c’est bien davantage. Les différentes voix, les violons, le clavier….
            Dans le même temps, le lieu et les conditions d’enregistrement (Toe Rag) laissent entendre un son parfois presque « live  », brut (merci Liam Watson). On l’entend sur « Can’t Touch us Now » , « Mr Apples » ou « Another Version of Me » », philosophie d’enregistrement que Madness suit depuis un bon moment maintenant.
            Bien sûr, quand on écoute Madness, on cherche le « catchy tune », le morceau qui nous reste en tête et qui nous fait danser.  Il y en a « of course » : certainement, bientôt, on retrouvera sans doute « Mr Apples », le classique Madness. Mais aussi, « Another Version Of Me » superbe de simplicté, mais très bien arrangé, merci aux frères Woodgate !  Et, que dire de ce « Mumbo Jumbo » chanté par Lee sur un rythme endiablé.
            Beaucoup de références à la religion dans cet album : sur « Mr Apples », « I Believe », ou « Herbert »  Ce dernier, justement, mélange, selon moi, un très ancien nutty sound (le clavier à la « mistakes »), des arrangements à la Norton Folgate ainsi que la passion de Suggs pour la narration d’histoires « Inner London ». Et qui pouvait penser qu’on reverrait Bedders à la contrebasse ? Mais c’est aussi à travers ce titre qu’on entre dans l’argot londonien (merci les maddies), « Herbert »…Mais aussi à travers « Mumbo Jumbo », qui dénonce le charabia des hommes politiques. Dans lequel le célèbre figure le célèbre « Pigs Might Fly ».  Propaganda Ministers ! (On aura l’occasion d’y revenir plus tard)
            Le côté très pop et soul de cet album est renforcé par les titres des frères Woodgate (Nick et Woody) : le très cuivré « Don’t Leave the Past Behind You»  est une réflexion sur le rôle que le passé a dans nos vies.
            Chris revient bien en force dans cet album, je trouve. Dans la composition et dans le jeu de guitare. En témoigne, par exemple ce poignant  « You’re My Everything » écrit par Barzo.  Ou bien sur ce westernien old-school « Grandslam » Mais aussi sur d’autres instruments : « Blackbird »

           

            Conclusion :  le titre « Can’t Touch us Now » reflète assez bien cet album. De l’expérimentation : le bourdonnement de guitare jusqu’au clavier de Mike, reconnaissable entre mille tout au long du titre, cette mélodie vocale inhabituelle…. Ou encore le sax  de Lee qui me renvoie à 1985. Ce catchy refrain qu’on peut entonner dans les concerts. Enfin ce long pont instrumental avec ce sax complètement fou. Ce titre, il n’y a que Madness qui peut le faire et en même temps on ne s’attend pas à ça. Que ça fait du bien que Madness sache se réinventer (et pourtant, ce titre n’est pas récent) !!

            I’ve got a CD, I’ve got a player, I’ve got another version of Madness. Et j’aime beaucoup ça.                                                   
                                                                                          
    Allez, bonne écoute !!

PS : sauriez-vous trouver dans 3 morceaux différents, les mots en français, dans le texte : « pâturages », « derrière » et « trottoir » ?

                                                                                  Judge Fredd

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