23 juil. 2018

Madness en concert à Perpignan 21 juillet 2018 : Interview de Chris Foreman, compte-rendus et photos



Madness était en concert le 21 juillet 2018 au festival Live au Campo à Perpignan avec en première partie de groupe Easy Skanking.



Easy Skanking

Comme vous avez pu le constater en direct sur la page Facebook du French-Mis, Cedric Caillaud était présent avec de nombreux autres fans et il a fait un boulot excellent avec des photos et surtout une interview de Chris Foreman, guitariste des Maddies !!

Une interview à lire traduite en français mais aussi à regarder (en bas de cette page) car Chris Foreman nous fait écouter deux démos de nouveaux morceaux !!!!

Cédric Caillaud




Mais avant de retrouver le compte-rendu de Cédric et son interview de Chris, voici les impressions d'autres fans, quelques belles photos et des chroniques de la presse :

Bruno Chalou : Un concert magique dans un endroit idéal. Bravo aux organisateurs. Madness n'a plus vingt ans mais de les voir encore sur scène en 2018 c'est fabuleux. 

Marie Chabin : Concert avec places assises,  Bah, c'était pareil à la salle Pleyel, non ? Et là aussi, la fosse était noire de monde - il en faut pour tous les publics ;) Personnellement, j'ai trouvé l'ambiance au Campo Santo vachement plus sympa et détendue - le Sud, sans doute !!! La scène n'était pas surélevée, on a eu la chance de les voir comme s'ils jouaient dans notre salon (quelques photos et vidéos prises par ma grande fille vont suivre très vite). Mais pour avoir discuté avec un couple de fans écossais qui avait assisté à leur concert au château d'Alnwick le samedi précédent, il est vrai que les concerts assis restent étonnants, surtout pour le public anglo-saxon ! Bonne journée à tous... and keep it nutty 🎶🎷🎼

Marie Chabin : Hello again ! Comme promis, j'envoie les vidéos et les photos prises par ma fille Salomé pendant le fabuleux gig du Campo Santo. Un tri sera sûrement nécessaire, à vous de voir. En tout cas, "we were that close" - comme à la maison (ou presque) 😊 On ne s'en lasse pas, enjoy !










Photos Salomé Chabin








French-Mis
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Article sur le site madeinperpignan ICI

Scans de l'article paru dans le journal l'Indépendant (merci à Harry Callahan) 

Version en ligne de l'Indépendant ICI Merci à Agnès Blanquier.






















Photos  : Fred Fouché


Une soirée madnessienne pas comme les autres

Cédric, Virginie, EvaVoici un compte rendu très personnel et j’aimerais donc m’excuser auprès de Marie (Chabin) notamment que je pensais rencontrer avant ou après le concert mais ma rencontre avec le groupe a modifié la soirée pour mon plus grand bonheur.

Première étape : le pourquoi du comment

Donc il y a quelques mois quand JP a annoncé sur le Facebook du French MIS que Madness jouait à Perpignan j’ai pensé direct que je pouvais y aller en famille, enfin reprendre mon costume de mariage madnessien et éviter d’aller à mon traditionnel pèlerinage annuel à Londres, d’autant qu’un ami a un logement à Port Leucate.

C’était seulement ma 4ème date française du groupe ayant longtemps habité à l'étranger. Certes je les ai vu en concert salle Pleyel (Paris) en novembre dernier mais le son était mauvais et l’ambiance moyenne, heureusement le madmeet a tout sauvé. Je les avais vu aussi au Reggae Sun Ska de Bordeaux (le plus près de chez moi, 2014) mais le public n’était clairement pas venu pour eux donc peu d’ambiance des 2 côtés de la scène. Enfin je les avais vus aussi à Montauban (2013) où j’avais pu déjà les rencontrer et interviewer Chris, c’était l’époque du Oui Oui Si Si…

Y allant avec ma fille de 10 ans (son 3ème concert de Madness), j’ai décidé de payer le prix fort pour que l’on voit tous bien (carré or, 1er rang) mais j’avais très peur que le concert soit chiant puisque je ne comprenais pas pourquoi on devait rester assis à un concert de Madness. Ce n’est pas possible !

Deuxième étape : l’avant concert

Bref un super copain nous prête donc l’appartement de vacances près de Perpignan compensant un peu le prix du billet (plus cher qu’en Angleterre !!!). Finalement je ne vais pas le regretter ! On arrive sur Perpignan vers 16H, on visite tranquillement la ville, il y a des affiches de Madness partout mais sous vitre.


On va voir où se trouve le fameux Campo Santo (cloître) puis on continue la balade à pied à la recherche de Woody qui, je le sais, se balade souvent avant les concerts pour prendre des photos. Nous rencontrons Lee Thompson et le manager de Madness puis le reste du groupe. J’avais enfilé enfin mon costume de « Waiting for Ghost Train » que je n’avais jamais osé emmener en Angleterre étant certain de me prendre plein de bière sur la tête lors des concerts de Madness !

Cédric Caillaud

Première discussion avec Lee sur leur arrivée d’Italie en minibus (10 heures de route), sur comment aller au House of fun Weekender pour les fans non anglais… Le manager me propose une petite interview après le concert et je dis aussi que j’ai un fez signé par tous les membres depuis le concert de Montauban sauf Woody. Ce dernier me le signera enfin ! Suggs et Mark sortent et me sourient me demandant où j’ai trouvé le costume. Chris vient me saluer et toucher le costume en disant bravo ! Mike, concentré me salue de manière plus lointaine.






Troisième étape : le concert

Nous rejoignons donc le site à pied. Très bel endroit en effet mais pas adapté à ce genre de concert. La première partie (reprises ska reggae avec le chanteur vainqueur de la Nouvelle Star si j’ai bien compris), Easy Skanking est sympa mais je n’ai pas vu grand-chose. Il y a des gens dansant déjà debout devant la scène alors que celle-ci est à 40 cm de hauteur. Bref les personnes des 5-6 premiers rangs qui ont payé plein pot soit ne verront rien si tout le monde se met debout devant la scène, soit assisteront à un concert sans âme si tout le monde reste assis !

Niveau merchandising je remarque qu’aucun CD, vinyle ou poster n’est en vente à mon grand dam, il y a surtout des T-shirt et polos.

Ma tenue attire les regards : J’ai droit à des sourires, des accolades pour le costume, des regards bizarres et des photos prises de manière plus ou moins acrobatiques pour que je ne m’en aperçoive pas.

Je croise des anglais, des fans français, un public familial mais aussi des fans catalans d’Espagne (avec un t-shirt fait pour l’occasion à priori). Certes ce n’est pas complet mais les gens sont vraiment venus pour eux. 21H30, les vigiles obligent tout le monde à s’asseoir, personne devant la scène, un membre de l’organisation me parle mal et me bouscule alors que je fais une photo devant la scène.


22H05, Le groupe arrive sur scène, les anglais se lèvent aussitôt et se mettent devant la scène suivis aussitôt par d’autres, dont moi, ne voulant pas rester assis sur ma chaise au premier rang sans rien voir. Ouf je suis déjà soulagé car ce ne sera pas un concert sans âme, on va pouvoir danser et chanter ! Malheureusement de suite des vigiles viennent de chaque côté et tirent une corde pour éviter que l’on monte sur scène ! On en parlera avec Chris, Lee et Woody après le concert, ils n’ont pas aimé.


Des gens ont pris des coups, notamment ma fille toute contente qui m’avait rejoint devant la scène pour voir El Thommo. J’ai d’ailleurs dit au vigile que si il lui arrivait quelque chose je porterai plainte. De plus si vraiment les gens s’étaient mal comporté, ils n’auraient rien pu faire à 3 avec une corde au niveau de notre taille. Beaucoup de gens se sont plaints ! Et un homme est bien monté sur scène bourré mais par derrière !

Bref, comme l’on dit certaines personnes déçues sur Facebook (mais qui n’étaient sans doute pas là) suite à mon envoi de la tracklist, le set est très, trop classique. Tout a fait d’accord. J’en ai aussi parlé avec Chris en off après le concert mais dans le public présent je pense que les ¾ étaient venus pour et ne connaissaient que les hits, notamment les français autour de moi qui n’ont pas suivi leur trajectoire depuis 1992.


En tant que grand fan je suis bien sûr déçu car ces morceaux je les ai entendu des dizaines de fois en concert et j'aurai préféré en effet Michael Caine, un de mes titres préférés, Waiting for the Ghost Train … mais les gens étaient ravis et la setlist un peu différente des autres concerts de cet été. D’ailleurs un seul titre du dernier album, Mr Apples (4 salle Pleyel non ?) !

Les anglais présents étaient ravis et ont mis l’ambiance connaissant les titres et chorégraphies par cœur. Surtout, j’ai aimé le son, après celui de Pleyel : je ne sais pas d’en haut des gradins, mais devant la scène le son était bon. D’ailleurs tout le monde était debout et beaucoup se déhanchaient dans les gradins. (Je vais mettre des vidéos sur le youtube de Sabor Discos)

Certains ont certainement été frustrés d’avoir payé les premiers rangs et d’être obligés d’aller debout dans les gradins pour voir quelque chose mais parmi les gens qui se sont mis devant beaucoup venaient aussi en fait des premiers rangs.

Lee nous reconnait, bien sûr, et pendant tout le concert va nous faire des clins d’œil et venir nous voir avec ma fille. Suggs aussi et comme il le fait avant « Baggy Trousers », il demande à un enfant son prénom, si il travaille bien à l’école et dit qu’il faut bien travailler pas comme lui quand il était enfant. Il s’adresse donc à Eva et lui demande de bien travailler avant de démarrer le morceau ; Mais il y a eu un hic technique auparavant (dès le second titre ? je ne sais plus). En effet, un câble qui est au pied de la scène, sous les pieds du public, se défait. La musique et le show s’arrêtent environ 5-10 mn le temps d’essayer de tout régler.


Mike demande au public de faire attention au câble car c’est celui du clavier, pendant que Suggs entonne « Help me » vite aidé par le public. Chris s’assoie tranquillement, Mike semble un peu énervé et sort de la scène pendant que le groupe reprend.

Il rejoint le morceau une fois que tout est réparé et là les vigiles vont encore tirer plus fort sur la corde devant la scène durant le reste du concert donnant des coups exprès aux gens dont un coude ose dépasser la ligne.

Chris n’apprécie pas non plus et parle à priori de cela à Suggs qui demande à nouveau gentiment au public de ne pas toucher les câbles.

On aura quand même droit dans cette setlist à « My Girl 2 », qu’ils ne jouent pas souvent en ce moment, ou bien « Take it or leave it » ou « Los Palmas 7 » pas très courants non plus. « Iron shirt » fait le plus bel effet auprès du public, « House of fun » se termine plus longuement au clavier version manège et surtout lors de « It must be love », pour la première fois pour moi en tout cas, le groupe baisse le son des instruments et laisse le public chanter en chœur.

Lors du rappel, le roadie sur scène me fait signe qu’il a 3 pass backstage et me demande de me rapprocher pour les récupérer, trop de chance ! Ils tiennent vraiment parole et sont toujours aussi sympas car j’avais oublié tout cela heureux de partager ce bon concert avec ma petite famille !


Donc en effet en tant que fan je suis déçu par la setlist trop traditionnelle mais pas par l’ambiance (j'ai vu pire en France) ni par le son, ni par les pitreries de Lee durant tout le show (jamais les mêmes d’un concert à un autre). Car non, pour moi les Maddies n'ont pas mal vieillis !! Je ne suis pas d’accord avec certains sur Facebook : Suggs danse toujours même si ses chorégraphies sont connues maintenant, le percussionniste qui les accompagne dorénavant est efficace, la section cuivre a inventé de nouvelles petites chorégraphies, Chris a fait son plus bel effet avec son T-shirt en français champion du monde (et « Chrissie boy » écrit au dos).  Mark est toujours aussi classe mais bien sûr plus effacé sur scène, Woody assure toujours autant, et Mike a fait des chœurs et quelques modifications au clavier.


Quand je regarde certains concerts de la tournée "7" de 1981, je ne les vois pas plus dynamiques si ce n’est Carl et son absence est toujours autant gênante pour les puristes de par son charisme sur scène. Autre critique que j’ai lu aussi, OSB en ouverture : en effet, après avoir mis OSB en milieu de set aussitôt après le départ de Carl (à Bordeaux c’est Chris qui a chanté toute l’intro en milieu de concert), le titre est revenu au début car il invite directement à la fête. Mais Suggs ne chante jamais toute l’intro car c’est le rôle de Carl ! Donc cela ne me gêne pas. Par contre en effet, les 5 premiers titres sont toujours les mêmes ces dernières années et un peu de surprise ferait du bien !

4ème étape : l’après-concert, le backstage

On rejoint donc le groupe en backstage après « Night Boat to Cairo ». Bon en fait, ils mangent, ils se reposent et on les attend 30 mn. Je demande au roadie ce qu’il en est de Carl car je ne sais pas si le sujet est toujours tabou avec le groupe. Il me dit qu’il se repose après sa tumeur (cerveau et gorge si j’ai bien compris) toujours à Ibiza et qu’il y a des chances qu’il soit de retour avec le groupe l’an prochain !


Ce moment d’attente est sympa car on discute avec Easy Skanking (la première partie) et avec un couple d’anglais. Ils nous disent qu’ils ont vu le groupe à Newcastle il y a quelques jours et qu’ils sont allés exprès là-bas car ils étaient invités. Mais quand ils ont remarqué que le groupe jouait à Perpignan alors qu’ils ont une maison près de Béziers, ils ont décidé de revenir ici !

Enfin,  Chris arrive assez fatigué. Il veut rentrer à l’hôtel à pied avec nous (ne pas attendre le minivan) pour faire l’interview. On se balade donc dans les rues de Perpignan et on parle en off : il veut parler un peu français notamment à notre fille, nous rappelle qu’il en a une de douze ans, il nous parle aussi du problème liée à cette corde tenue par les vigiles qu’il n’a pas apprécié, des titres joués (les gars veulent c’est vrai se faciliter la vie en jouant les hits apparemment).



Arrivés à l’hôtel, je panique car je n’ai rien préparé, j’envoie des sms et messages sur facebook pour que vous me donniez tous vos questions. Beaucoup sur Carl mais je n’ose pas. De plus étant hispanophone, je pense en espagnol et mes mots en anglais ont toujours autant de mal à sortir ! Tant pis je me lance il est cool Chris malgré mon accent et autorise qu’on filme. 

Il apprécie beaucoup la France et le French MIS mais comme il est fatigué, il souhaite que je limite les questions. C’est normal, 10 heures de route pour venir de Milan, concert puis 8 heures de route à nouveau le lendemain au moins pour rejoindre Benicassim; Bref comme lorsqu’ils avaient 20 ans mais sans les avoir ! J’ai posté la vidéo de l’interview directement sur Facebook. On a encore eu énormément de la chance avec l’écoute en avant première de deux démos inédites composées par Chris ! Puis il va se coucher.

C’est alors que Woody arrive à son tour avec une pizza mais il est coincé dehors car la porte de l’hôtel est fermée. Je vais donc lui ouvrir de l’intérieur car personne n’est à la réception. Il nous remercie d’être là, demande à Eva si elle a aimé et nous parle à nouveau de cette maudite corde !


Lee de son côté est tranquille, malgré toute l’énergie dépensée en pitrerie et malgré un écart. En effet durant le concert un fan lui a donné sur scène un vinyle de « Rise and fall » avec un stylo. Pris dans son "délire d’artiste en folie", il a jeté le disque puis a remarqué la tête déçue du gars. On a vu que Lee regrettait ce qu’il avait fait et aussi regrettait que le gars lui ait donné çà en plein concert mais c’était le moment du solo donc il a laissé le disque au sol. Quelques minutes plus tard, il le ramasse le met sur le côté indiquant au fan qu’il signera après et que là il est en plein concert. Je ne lui reparle pas de cette scène car je connais un peu le personnage et je sais que ce n’était pas méchant de sa part !

Donc on parle de tout et de rien, il a envie de discuter. Par exemple il dit que Chris est la mémoire vivante, passée présente et future du groupe, qu’on ne pourrait rien faire sans lui. Puis il dit qu’il n’y a  pas de nouveaux concerts prévus en France pour l’instant, mais qu’il y a  encore pas mal de concerts en Europe d’ici la tournée de décembre en Angleterre et que le manager leur demande un album. Donc il s’est aussi mis à composer comme les autres, mais pas de date de sortie prévue pour le moment pour le nouveau disque de Madness.


A ce moment-là Suggs, le manager, le roadie et Mark arrivent à la porte de l’hôtel. Même topo je vais leur ouvrir. Suggs est, comme souvent, dans son monde après un concert, on fait une photo avec tout le monde et ils partent se coucher. Et puis là encore je maperçois qu'il n'y a pas de Mike. Il est très rare de le croiser avant et après les concerts car il part souvent le dernier et rentre souvent aussitôt. Donc toujours pas de photo avec lui !



En tout cas il est 1H du matin, on doit récupérer la voiture dans le parking souterrain où toutes les entrées sont fermées !!! Après un flip de passer la nuit en laissant la voiture au parking, on parvient à y accéder et à rentrer à Port Leucate. Difficile de dormir car je réfléchis à toutes les questions que j’aurai dû poser !

Ce n’était vraiment pas une journée et un concert comme les autres par la présence avec le groupe à mes côtés cette fois de ma femme et ma fille (qui fredonne en ce moment même NW5 sous la douche ! titre qu’elle écoutait dans le ventre de sa maman grâce au remix de JP)
Je m’excuse encore de ne pas avoir pu partager ces moments avec d’autres fans de Madness, je me rends compte de la chance que j’ai eu ce 21 juillet 2018.

22 ans plus tôt, je me rendais avec Iky au Madstock 3 à Londres pour mon second concert de Madness pour y voir Carl teint en blond (si je me souviens bien) chanter « you’re wonderful ».
Alors oui les gars vous êtes toujours pour moi en tout cas wonderful !   

Cédric, Virginie, Eva




Interview de Chris Foreman par Cédric Caillaud






Retrouvez sur la vidéo ci-dessus l'interview de Chris Foreman en anglais réalisée par Cédric. Vous pourrez y entendre 2 extraits de démos de nouveaux morceaux composés par Chris !

Le 21 Juillet 2018, backstage, juste après le concert du Festival « Live au Campo » au Campo Santo de Perpignan.

Par Cédric Caillaud membre du French MIS et socio du label associatif Sabor Discos (http://sabordiscos.free.fr), et filmé par Virginie sa femme. Traduction : Claire Ecureuil Bleu.


Cédric Caillaud : - C’est une interview pour les fans.

Chris Foreman : - D’accord, pose-moi une question.

Cédric Caillaud : -  OK. Y a –t-il un projet pour fêter les 40 ans de One Step Beyond ? 

Chris Foreman : - Oh la la ! C’est top secret ! [rires] Je ne sais pas, mais peut-être que nous ferons une exposition à Londres dans les rues, peut-être qu’on fera des concerts, mais rien de sûr. J’espère qu’on sortira un nouvel album… mais il faut qu’on l’écrive.


Cédric Caillaud : - En juillet ou août, l’année prochaine ? Les Français peuvent se déplacer en Angleterre, pensez-y.

Chris Foreman : - Oui. On va faire une tournée à la fin de l’année mais je ne sais pas si l’album sera prêt à sortir d’ici là.

Cédric Caillaud : - Donc vous avez déjà des chansons ?

Chris Foreman : - Non, pas exactement. Nous devons d’abord nous réunir pour écrire [rires].

Cédric Caillaud : -  Avez-vous déjà des titres de chansons ?

Chris Foreman : -  Non, pas encore, désolé !

Cédric Caillaud : -  Et tu as du temps pour écrire ?

Chris Foreman : - Oui, oui ! J’écris tout le temps de nouvelles chansons.

Cédric Caillaud : -  Vous avez fait « My Girl » suivi de « My Girl 2 ». Les fans français aimeraient bien savoir ce qui est arrivé aux parents de « Our House »… Et qu’est-il arrivé à ceux qui étaient enfants dans Baggy Trousers, etc ? Ils aimeraient bien connaître la fin des histoires.

Chris Foreman : -  Ah oui, c’est vrai ! Nous n’avons jamais vraiment fait ça. Mais, tu sais, sur le premier album [One Step Beyond NDLR], il y a une chanson qui commence par « Nice man George, toodoo, toodoo… » [c’est le début de « In The Middle Of The Night » NDLR]. Et sur le deuxième album [Absolutely], il y a le titre « Close Escape » ; les deux chansons sont censées parler du même homme. Il commence par voler des sous-vêtements. Puis, dans la deuxième chanson, il appelle des gens au téléphone. Mais, habituellement, nos chansons ne se suivent pas, on n’a jamais vraiment écrit comme ça. Chacune de nos chansons est ancrée dans une certaine période, ou dans le passé.

Cédric Caillaud : -  Dans une période de la vie.

Chris Foreman : - Yes, [en français] la vie !


Chris Foreman [interpellant en français la personne qui filme ] : -  Vous voulez me poser une question en Français ? Je parle Français !

[sourires et petit rire derrière la caméra].

Virginie derrière la caméra parlant à ma fille: - Comment il parle le français ? Bien ou pas ?

Chris Foreman [agitant la main pour dire « Moyennement »] : - Comme je peux !

Cédric Caillaud  [reprenant en l’anglais] : -  Quelle est la relation du groupe avec la France ?

Chris Foreman : -  Nous avons toujours aimé la France. Quand nous étions jeunes, nous adorions déjà venir à Paris et en Europe en général. Nous étions très populaires en France, en Italie, en Belgique… nous avons vendus plus d’exemplaires de notre premier album One Step Beyond en France qu’en Angleterre. [le 45 tours OSB a aussi plus été vendu en France – presque 1 million de copies vendues, record de vente pour un single dans l’hexagone pour l’année 1980 – qu’en Angleterre NDLR].


Cédric Caillaud : - As-tu suivi la Coupe du Monde de Football ?

Chris Foreman [souriant dans son t-shirt « Champions du monde »] : - Oui, c’était bien !

Cédric Caillaud : - Et la France ? Et l’Angleterre ?

Chris Foreman : - L’Angleterre s’est bien débrouillée. La France, euh… [il fait la grimace et agite la main en faisant le geste « Moyen. »] Ils étaient un peu… mais ils ont marqué de beaux buts. C’est une équipe encore jeune...

Cédric Caillaud : - Alors peut-être qu’ils en gagneront une autre… [Chris opine.] Et peut-être que vous reviendrez en France ?

Chris Foreman : On n’a rien de prévu pour l’instant. Ecoute çà !

Le portable de Chris se met à jouer des mélodies ska très entraînantes. Ce sont deux démos inédites composées par Chris. Cédric et Chris se mettent à bouger au rythme de la musique.  

Cédric Caillaud [ravi ] : - JP, c’est pour toi ! [JP est ravi aussi !! Merki !! NDLR]

Chris Foreman : Pas si mal. Et voilà la guitare c’est moi…. Et donc voilà en voilà une….Il y en a une autre……. J’étais en train d’écrire ces chansons reggae tu sais ou n’importe quoi d’autres. Je dois écrire des paroles, j’ai écrit des paroles mais je ne peux pas encore appeler çà une chanson… Ça ressemble au thème de Benny Bullfrog. 

Chris Foreman [souriant] : - Et voilà, tu vois, j’ai travaillé !

Cédric Caillaud : - Vas-tu faire une chanson sur le Brexit et qu’est-ce que tu en penses ?

Chris Foreman [rires] : - Oh non, je n’écris pas sur le Brexit ! Non je ne voulais pas le Brexit, 

Cédric Caillaud : Les autres membres du groupe non plus.

Chris Foreman : Oui je ne pense pas. Je ne sais pas quoi en penser… les choses sont en train de tellement mal tourner en Angleterre… ils n’ont toujours pas conclu d’accord [avec l’EU]... Ce n’est pas bon, notamment pour les entreprises, tu vois ce que je veux dire ? Beaucoup de gens ont cru ce qu’on leur avait dit pendant la campagne : « Si l’Angleterre quitte l’union Européenne, le National Health Service [la Sécurité Sociale britannique] aura plus d’argent ». C’était faux ! Mais beaucoup de gens bien y ont cru. Il y avait un bus qui sillonnait les rues couvert du slogan « Si nous quittons l’EU, nous économiserons 350 000 000 £ par semaine. Donnons cet argent au NHS ». Mais c’était de l’intox, tu vois ce que je veux dire ? Comme si cet argent allait sortir de nulle part… donc, au final, la situation est très désagréable…

Cédric Caillaud : - Oui, je vois… bon, un dernier mot à ajouter pour les fans français ?

Chris Foreman [en Français] : - Bonjour… et Au revoir ! [rires]. C’est super d’être de retour.

Cédric Caillaud : - Il y avait beaucoup de monde !

Chris Foreman : - Oui ! Merci beaucoup d’être venus jusqu’ici !

Cédric Caillaud : Merci !

Chris Foreman [en français] : - Bonsoir !



Le French-Mis remercie toutes les personnes qui ont contribué à cette page : fans, photographes, vidéastes etc... Ainsi que le management et les membres du groupe Madness pour leur disponibilité et leur gentillesse.